Présentation de l'équipe

Emilie HERMET Master Affaires Publiques, Sciences Po Paris

21 ans, je suis intéressée par les politiques sociales, les questions juridiques et les outils de communication. Je suis par ailleurs impliquée dans une revue sur les affaires publiques et européennes, et pratique l'athlétisme.

 
Jérémy KALFON Master Affaires Publiques, Sciences Po Paris

21 ans, je suis intéressé par les systèmes de protection sociale, sujet que je suis allé étudier à l'université d'Uppsala en Suède. Je suis par ailleurs engagé dans le milieu associatif de ma commune.

 
Guillaume VIDAL Master Affaires Publiques, Sciences Po Paris

21 ans, habitant de la Seine-Saint-Denis, je suis passionné de théâtre et d'histoire militaire. J'ai un attrait particulier pour l'administration préfectorale tout en exerçant, en parallèle de mes études, une activité en réserve de Gendarmerie.

 

Résumé du projet

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1. Dans quel contexte s’inscrit votre projet (état des lieux, attentes identifiées, forces et faiblesses de l’action publique aujourd’hui…) ?

Comme l’indique l’actuel développement frénétique des applications smartphones et de sites internet dédiés sur le sujet de la santé, il existe une réelle demande de plus de clarté d’information sur l’accès aux services de soins et aux professionnels de santé.

Dans son rapport de 2007 « Les urgences médicales : constats et évolution récente », la Cour des Comptes relève que 41% des usagers ressentent le besoin d’être mieux informés des moyens curatifs mis en place en dehors de l’hôpital, tout en exprimant la volonté d’un meilleur accès aux soins des médecins de garde dont les tableaux de Permanence Des Soins (PDS) sont peu diffusés ou exacts. Le même rapport souligne également la nécessité d’une meilleure répartition du flux de la demande de soin en amont des établissements de santé.

Par ailleurs, les problèmes et besoins auxquels Paré à soigner tente d’apporter une solution pourraient être associés à la réforme actuelle de la politique de santé du gouvernement. Ces attentes invitent donc à la création d’un outil simple et performant visant à aider les usagers à bénéficier d’un meilleur accès aux soins, et à permettre à mieux redéfinir le rôle de chaque professionnel de santé au sein du parcours de soins.

2. Quelle en est l’idée maîtresse ?

Dans notre projet initial, les attentes principales auxquelles nous souhaitions répondre au travers du projet Paré à soigner étaient de réduire le temps d’attente aux urgences hospitalières et de les désengorger en diminuant les cas de bobologie au sein de celles-ci, via une application redirigeant les patients consultant pour de la bobologie vers les urgences hospitalières les moins engorgées ou vers la médecine ambulatoire.

Cependant, face aux difficultés existantes dont nous ont fait part les spécialistes que nous avons rencontrés au cours de cette demi-finale pour d’une part diffuser les temps d’attente réels des services des urgences et d’autre part réduire les cas de bobologie au sein de ceux-ci alors qu’ils contribuent à l’équilibre financier des hôpitaux (notamment des plus petits), nous avons recentré le projet Paré à soigner sur une autre problématique. Celle-ci se révèle être, selon les experts, aussi essentielle pour service public de la santé que pour la modernisation de l’action publique que la résolution de notre ancienne problématique.

Dès lors, des résultats de nos études effectuées au cours de la demi-finale ressort que le projet « Paré à soigner » pourrait contribuer  à faciliter significativement l’accès à l’offre de soin des professionnels de santé aux usagers en centralisant des informations détenues par les autorités publiques, mais non centralisées et non accessibles aux patients jusqu’ici (calendriers de garde des pharmacies détenus par les préfectures par exemple). Cette centralisation et diffusion aux usagers est d’autant plus importante que certains d’entre eux en viennent à renoncer aux soins par manque de temps, ne connaissant par l’offre la plus proche, ou d’informations sur les coûts financiers de celle-ci.

Ainsi, l’application et le site internet proposés par le projet Paré à soigner contribueraient à apporter une solution à ce problème en mettant en œuvre 5 fonctionnalités (repris par l’image de la fusée, comme un dispositif pouvant se voir progressivement perfectionné en partant de l’étage le plus simple à réaliser au plus complexe) :

1/ Répertorier l’offre de soin (hôpitaux, médecins généralistes et spécialistes, auxiliaires de santé, pharmacies, maisons médicales de garde, centre de santé), diffusant les adresses, numéros de téléphone, et tarifs (secteur 1 ou 2) des professionnels de santé ;
2/  Donner les horaires de consultation (ou d’ouverture pour les pharmacies) des offreurs de soins, ainsi que leur calendrier de garde.
3/ Localiser les offreurs de soin et calculer le trajet pour s’y rendre à pied, en transports en commun, ou en voiture tenant compte du trafic depuis la géolocalisation de l’usager via un système similaire à celui existant de l’application Smartphone Sytadin ou Google map.
4/ Indiquer en le délai approximatif d’attente des services d’urgences ou de consultation des différents hôpitaux via notamment l’information contenue dans les calendriers saisonniers détenus par l’ANAP.
5/ Le site Internet et l’application Smartphone devraient être prévus pour être utilisé par les personnes handicapées, et pourraient aussi promouvoir le numéro d’urgence 114 (instauré en septembre 2011), permettant à toute personne sourde ou malentendante, victime ou témoin d’une situation d’urgence, de contacter les services de secours par écrit (SMS, courriel).

3. Quels sont les leviers que vous pourrez utiliser et quelles sont les résistances que vous avez d’ores et déjà identifiées ?

Si ce projet comporte nombre d’atouts ayant la qualité première d’impacter une réalité concrète... :

1/ renforcement de l’égalité d’accès au service public de la santé,

2/ augmentation de la satisfaction et de l’état de santé des usagers,

3/  amélioration de la qualité du service public de la santé,

4/  meilleure visibilité de certains professionnels de santé, notamment des Maisons médicales de garde,

5/  modernisation de l’action publique par la numérisation des calendriers de garde des pharmacies,

6/  réduction des dépenses publiques

… il peut aussi s’appuyer sur plusieurs leviers malgré de possibles résistances.

Les leviers:

- le levier technique: applications Smartphone/logiciels déjà existant de localisation et d’itinéraire (Google map) puis, d’état du trafic (Sytadin), mais aussi exemples étrangers d’applications recensant l’offre de soin (exemple américain réalisé grâce à l’Open data, cf. article Paré à soigner et ses cousins) .

- le levier des données déjà collectées par des organismes pouvant être compris comme acteurs dans la mise en place du dispositif : Amélie.fr pour l’offre de soin de la médecine ambulatoire, les calendriers de garde des médecins collecté par l’Ordre des médecins, les préfectures pour les calendriers de garde des pharmacies, l’ANAP pour le calendrier de saisonnalités de l’engorgement approximatif des services des urgences, ou encore le site internet Platine sur la qualité des services des hôpitaux qui devrait être rénové prochainement…

- le levier financier de l’Open data et de la publicité : on pourrait imaginer que ce projet s’inscrive dans un processus d’Open data, l’autorité publique collectant les données (mission Etalab), et les rendant accessibles à la réutilisation des acteurs privés pour que ceux -ci réalisent l’application Paré à soigner, comme cela a été fait pour une application aux Etats-Unis. Le dispositif Paré à soigner pourrait ainsi être réalisé pour un faible coût de dépenses publiques, et rester gratuit aux usagers via la publicité qui financerait le fabricant de l’application.

Les résistances:

- l’accès à tous aux nouvelles technologies: notre application smartphone et site internet sont utiles aux personnes disposant de ce matériel et sachant s’en servir. Cependant, elles sont de moins en moins nombreuses, d’autant plus que les personnes les plus âgées et vulnérables ont souvent une personne plus jeune s’occupant d’elles et ayant un Smartphone ou une connexion internet.

- la collaboration des acteurs pour la collecte et la diffusion des données: les offreurs de soin concernés par l’application doivent être conscients de l’importance de celle-ci pour le service public de la santé, et l’intérêt général dont il est porteur. Plus la collaboration d’acteurs différents est acquises, plus l’application sera utile et efficace. Cependant, une approche participative et négociée devrait faire lever ce potentiel obstacle.

- la réussite de l’application dépend de la communication qui en est faite: il ne suffit pas que l’application soit utile, elle doit être aussi utilisée. Pour cela, l’ensemble des usagers doivent connaître son existence, et son usage doit être facile pour tous.

Apportant une solution numérique à un problème de lisibilité et d’accès à l’offre de soins, ce projet peu onéreux, facile d’utilisation comme de réalisation, laisse envisager un grand retour sur investissement, tant sur le plan humain que financier, qui, nous l’espérons, retiendra votre attention.

 

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