Présentation de l'équipe

Olivier BLONDEL Université Panthéon-Assas

Juriste publiciste issu de l’Université Panthéon-Assas, Olivier découvre cette année les douces et infinies subtilités du droit constitutionnel britannique dans le cadre d’un échange universitaire avec l’Université d’Oxford. Intéressé par les problématiques de réforme de l’Administration et par le service de l’Etat en général, il se destine à l’issue de son expatriation outre-manche à une carrière dans la fonction publique nationale entendue largement.

 
Hugo BLUET Sciences Po Strasbourg

Hugo est actuellement étudiant en Master 1 à l’IEP de Strasbourg, au sein de la section Administration Publique. Fortement intéressé par les problématiques liées à l’éducation, il profite de cette année pour rédiger un mémoire sur le thème de « l’Emergence d’un système éducatif européen ». C’est dire que le projet qu’il porte avec Olivier lui est cher.

 

Résumé du projet

1. Dans quel contexte s’inscrit votre projet (état des lieux, attentes identifiées, forces et faiblesses de l’action publique aujourd’hui…) ?

Le projet que notre équipe se propose de détailler prend appui sur une constatation non dépourvue de paradoxes : celle d’un déficit d’information des lycéens dans la détermination de leur projet d’études ou, plus précisément, celle d’un accès hasardeux de ces derniers à une masse d’informations existante pourtant considérable. D’aucuns ne manqueraient en effet pas de souligner que les outils pédagogiques et sources de données mises en place pour les élèves dans l’enseignement secondaire pour la précision de leurs aspirations professionnelles ne manquent pas. Ainsi l’établissement d’un parcours de découverte et de formation concernant les élèves de la cinquième à la terminale et, de manière générale, la mobilisation des professionnels de l’éducation viennent apporter un concours majeur.

Néanmoins, notre expérience combinée à celle de nombre de nos camarades, ainsi que le taux inquiétant d’échec ou d’abandon dans les premiers temps de l’enseignement supérieur suite à une mauvaise orientation apportent une double preuve respectivement subjective et objective d’une incomplétude du processus d’orientation. Les conséquences personnelles – le désarroi vécu par l’étudiant mal orienté – et budgétaires douloureuses induites par les redoublements et arrêts brutaux d’études ont invité notre équipe à la réflexion. Il nous a semblé que la source comme la solution à ce constat difficile résidait réellement dans l’information. Non dans sa quantité mais, au sens neutre, dans sa qualité, son caractère. C’est-à-dire que beaucoup de lycéens se trouvent en fait submergés d’une multitude d’informations brutes et désincarnées nécessaires dans une certaine mesure à leur renseignement mais insuffisantes à l’établissement d’une opinion complète et définitive. La personnalisation et l’application de ces ressources à des cas individuels concrets, complémentaires au corpus officiel de documents relatifs à l’orientation, seraient en revanche lacunaires. Il leur manquerait ainsi tout à la fois une perspective plus large des parcours possibles correspondant à leurs centres d’intérêt et le secours d’un conseiller de proximité géographique et générationnelle pour les initier à cette perspective. Le challenge Administration 2020 a précisément constitué l’opportunité de réunir ces deux impératifs de diffusion de l’information et de sa canalisation autour de la proposition d’un projet unique.

 

2. Quelle en est l’idée maîtresse ?

Les développements précédents nous amènent à conclure à la nécessité d’une orientation complémentaire de la jeunesse par la jeunesse. A cet égard, notre projet réside dans la création d’un système de parrainage entre un étudiant de l’enseignement supérieur et un ou plusieurs élèves de terminale susceptibles d’être intéressés par sa formation. Ce tutorat s’inscrirait dans le cadre des instruments d’orientation existants, notamment le « parcours de découverte et de formation » et associerait nécessairement dans sa mise en œuvre professeurs principaux, conseillers d’orientation et parents. Il s’agirait en somme d’introduire un nouveau chaînon, l’étudiant, au sein de la chaîne de l’orientation scolaire. Expérimentateur donc connaisseur d’un cursus d’étude donné, mais encore proprement avisé des aspirations et interrogations lycéennes, l’étudiant pourrait proposer un  substrat d’informations inédit et complémentaire des renseignements objectifs et parfois désincarnés déjà disponibles : la relation de sa propre expérience mêlée à la transmission de conseils plus traditionnels.

Notre projet reposerait techniquement sur l’élaboration d’un logiciel établissant les correspondances géographiques et d’intérêt (médecine, classes préparatoires, écoles spécialisées etc.) entre les élèves et les étudiants intéressés par un parrainage. Les critères d’affectation auraient la double finalité de confirmer ou d’infirmer les vocations préexistantes et d’informer sur des formations peut-être inconnues de l’élève mais répondant à ses centres d’intérêt. A ce dernier égard, l’outil informatique pourrait opportunément s’appuyer sur la réponse par le lycéen à des questions d’ordre général et établir ensuite une correspondance potentielle avec certains parcours d’études. L’impact bénéfique potentiel de cette « orientation accompagnée » s’avère considérable. A l’échelle individuelle, elle constituerait d’abord une assistance salutaire à la décision en prodiguant proximité et conseils au lycéen en quête d’un projet d’études. A l’échelle de l’administration plus largement, l’orientation 2.0 que l’on se propose de développer serait un facteur d’économie non négligeable des derniers publics, puisqu’une orientation plus certaine des lycéens se traduirait concrètement par une diminution importante du taux d’échec dans les premières années de l’enseignement supérieur, notamment en licence.

 

3. Quels sont les leviers que vous pourrez utiliser et quelles sont les résistances que vous avez d’ores et déjà identifiées ?

Les leviers dont l’utilisation s’avérerait opportune sont les suivants :

- En matière humaine : le personnel de l’éducation nationale concerné par les questions pédagogiques et d’orientation, i.e. les enseignants du secondaire et les conseillers d’orientation psychologues, formerait naturellement le personnel encadrant. Les tuteurs seraient quant à eux recrutés dans la population nombreuse et diversifiée des étudiants de l’enseignement supérieur.

- En matière pédagogique et administrative : le projet s’inscrirait en complément des outils d’orientation préexistants mentionnés plus haut.

- En matière proprement technique : le site d’affectation des élèves de terminale dans l’enseignement supérieur admission post-bac ainsi que le site de conseil  monorientationenligne.fr peuvent constituer une base de départ utile et peu onéreuse pour l’élaboration du logiciel nécessaire au programme.

Les difficultés identifiées à ce stade du projet sont principalement de deux ordres :

- Difficultés techniques : en premier lieu, les modalités d’affectation des élèves aux tuteurs conviendront d’être détaillées. La poursuite affichée de l’objectif de diffusion de l’information requiert en effet de tenir compte non seulement de l’intérêt personnel de départ du lycéen, mais également de proposer plus largement un certain nombre de facteurs conduisant à la proposition de formations inconnues de ce dernier mais susceptibles de l’intéresser. En deuxième lieu, l’équipe a entamé une réflexion sur l’intérêt de l’étudiant à devenir parrain. Il est en effet certain que le système ne peut être fondé sur le seul attrait de la nouveauté et la générosité escomptée du public étudiant. Aussi sommes-nous en train de considérer la possibilité d’incitations financières résiduelles (exonération des frais de scolarité) et pédagogiques (conversion possible en crédits ECTS). Enfin, il nous apparaît que la portée du système proposé devra être précisée, notamment relativement à la question de son confinement possible aux lycées généraux dans un premier temps.

- Difficultés idéologiques : il s’agira de convaincre les professionnels de l’éducation concernés de l’opportunité du projet et du rôle prépondérant qu’ils doivent y jouer. Plus particulièrement, l’équipe devra veiller à démontrer que le programme n’est pas motivé par une quelconque défiance ou critique à l’égard de leur propre action. Compte-tenu des aspirations du public visé, il n’est toutefois pas à redouter un manque de mobilisation des lycéens.

 

Liste des articles