Présentation de l'équipe

Baratin Lucas ENSTA et Sciences Po Paris

Après un cursus d'ingénieur à l'ENSTA, je suis actuellement en master à l'école d'affaires internationales de Sciences Po Paris. Je suis intéressé par les enjeux du développement durable, particulièrement les problématiques énergétiques.

 
François Fournier Master Affaires publiques - Sciences Po Paris

Après un master 2 de droit public, François est aujourd'hui en master Affaires publiques à Sciences Po Paris. Il est en outre largement investi dans le milieu associatif.

 
Hugo Bruel Douple diplôme Sciences Po Paris - HEC
 

Résumé du projet

1. Dans quel contexte s’inscrit votre projet (état des lieux, attentes identifiées, forces et faiblesses de l’action publique aujourd’hui…) ?

L’idée intervient à la suite d’une initiative italienne du gouvernement de Mario Monti. Afin de réduire le niveau des dépenses publiques, le gouvernement italien a institué le 2 mai 2012 une procédure par laquelle les administrés font remonter des constats de mauvaise gestion publique et formulent des propositions pour améliorer le fonctionnement des administrations.

Depuis le lancement de cette initiative, les dix employés chargés d’organiser la procédure de consultation reçoivent environ 10 000 mails par jour, ce qui témoigne de l’engouement des citoyens pour participer à la démarche.

Tant le nombre de messages électroniques reçus par l’administration que l’hétérogénéité des commentaires et propositions rendent leur traitement extrêmement difficile.

Il y a une véritable attente des citoyens de participer à la bonne gestion des services publics, dans le cadre d’une véritable démocratie administrative. C’est aussi une attente de l’administration que d’avoir un retour sur son fonctionnement, opportunité pour construire ensemble une administration plus efficace et plus proche des citoyens. L’éloignement de l’administration et des administrés est encore trop important. La plate-forme permettra de rendre effectif le passage du statut d’administré à celui de citoyen administratif.

A cet égard, l’initiative italienne souffre de nombreux écueils :

-        L’information récupérée est difficilement exploitable. Nous proposons d’établir un formulaire pré-rempli. Cela permettra ensuite de traiter l’information par « mots-clés » plus aisément.

-        Dans cette initiative, les citoyens ne reçoivent aucun retour après avoir formulé une proposition. Nous souhaitons que les citoyens soient véritablement associés à la démarche participative de modernisation et de simplification de l’action administrative ainsi qu’à sa mise en œuvre.

-        La démarche ne vise que l’objectif d’un assainissement de la dépense publique. Nous voulons que la plate-forme permette de faire remonter la satisfaction et critiques des citoyens, ainsi que leurs propositions dans les domaines de l’action publique, au-delà de la seule question budgétaire.

 

2. Quelle en est l’idée maîtresse ?

L’idée centrale du projet consiste en la volonté d’établir un système d’appréhension de la satisfaction de l’action publique auprès des citoyens. La relation entre l’Etat et les individus se métamorphose. Nous parlons aujourd’hui plus souvent de citoyen que d’administré quant à son rapport avec les institutions de l’Etat et des collectivités territoriales. En conséquence, nous voulons associer efficacement démocratie administrative, simplicité et modernisation de l’action publique.

La question de la participation des citoyens et de la satisfaction de ces derniers vis-à-vis de l’action publique est paradoxale. Alors que l’action publique est très concrète et qu’elle impacte la qualité de vie des citoyens, le paradigme actuel reste pyramidal, caractéristique d’une relation Institution active – citoyen passif.

La mesure de la satisfaction des citoyens implique une dynamique participative qui ne soit pas qu’un constat à charge des opérateurs publics et des administrations de la part du corps social. Une dimension constructive, basée sur le dialogue, est essentielle à prendre. Nous proposons ainsi la mise en place d’une plate-forme numérique participative permettant de mesurer la satisfaction des citoyens et de mettre en œuvre les réformes nécessaires dans ce cadre.

Un lien participatif ne peut être efficace que s’il est simple d’usage et accessible. Dans ce cadre, plusieurs éléments sont nécessaires : l’existence d’un format d’enquête qui mise sur la rapidité d’accès par le remplissage d’un formulaire à questions préalablement définies, assortie d’une possibilité de commentaires libres ; la mise en place d’une plate-forme adaptée aux comportements des individus à l’ère du numérique.

Trop souvent, les liens de participation entre un usager et une entité publique deviennent des canaux de critiques à l’encontre d’un service public en particulier. L’idée de cette plate-forme n’est en aucun cas celle d’instaurer une plate-forme institutionnelle de dénigrement systématique de l’action publique.

L’action publique doit disposer de témoignages qui ne soient pas que des constats. L’idée est de faire du citoyen une force de proposition et un vecteur d’amélioration. La plate-forme doit inciter non seulement le citoyen mécontent à faire part des ses critiques, mais aussi le citoyen satisfait à mettre en lumière les aspects efficaces et viables du service public considéré.

De même, ce projet permet aux administrations concernées de bénéficier d’études de tendance et d’impact qui puisse accompagner et guider la conduite du changement. En effet, elles doivent pouvoir y déceler les conséquences positives d’une décision et les possibilités d’amélioration à mettre en œuvre. Cet aspect est doublement positif. Il permet aux agents publics d’appréhender l’impact de leur mission, et donc implicitement de valoriser leur travail. D’autre part, il quantifie les marges d’amélioration non pas de manière verticale et hiérarchique, mais par le dialogue et par l’échange.

 

3. Quels sont les leviers que vous pourrez utiliser et quelles sont les résistances que vous avez d’ores et déjà identifiées ?

La principale difficulté du projet sera d’appréhender suffisamment les insuffisances de l’action de l’administration ainsi que ses points forts afin de pouvoir mettre à la disposition des usagers un formulaire qui corresponde le plus fidèlement possible à leurs attentes. Pour cela, la première étape sera de réaliser une étude préalable afin d’identifier les faiblesses les plus courantes de l’administration, ainsi que ses points forts globalement retenus.

La mise en œuvre matérielle du projet suppose la création de la plate-forme et celle d’une application pour smartphone (afin de rendre plus accessible le remplissage du formulaire).

Afin de garantir l’efficacité du projet, une expérimentation dans quelques territoires devra précéder la généralisation du projet à l’ensemble des administrations d’Etat. Dans le cas d’une véritable réussite, le projet pourra enfin être étendu aux administrations territoriales. C’est donc une mise en œuvre à trois niveaux qui pourra être envisagée.

 

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