Présentation de l'équipe

Salomé BERLIOUX SciencesPo. Paris

Après deux ans de littérature entre l’ENS et la Sorbonne, au sein du Master "De la Renaissance aux Lumières", Salomé est étudiante en Affaires publiques à SciencesPo. Paris.

 
Étienne LABORDE Sciences Po Lille

Étienne est étudiant en dernière année à SciencesPo Lille, et diplômé de la filière franco-britannique. Il est titulaire d’un Bachelor of Arts in Politics, Philosophy and Economics à la University of Kent.

 

Résumé du projet

1. Dans quel contexte s’inscrit votre projet (état des lieux, attentes identifiées, forces et faiblesses de l’action publique aujourd’hui…) ?

Dans son dernier rapport annuel sur l’état de la fonction publique, le Ministère de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la fonction publique, constate qu’en 2010 les femmes représentaient au total (hors enseignants) :

•          45,4% de la fonction publique d’Etat

•          60,5% de la fonction publique territoriale

•          77,3 de la fonction publique hospitalière

•          Soit 59,7% au total de la fonction publique, en général.

Ces chiffres doivent être nuancés car les femmes ne sont pas présentes à tous les échelons dans les mêmes proportions. En effet, elles ne sont que 25,2 % à exercer dans un emploi d’encadrement et de direction dans la fonction publique d’État et 33,6% dans la fonction publique territoriale en 2010.

En 2010, les femmes salariées de la fonction publique d’Etat gagnaient en moyenne, pour des emplois à temps complet, un salaire net mensuel inférieur de 373 euros à celui des hommes. Cet écart était de 204 euros dans la fonction publique territoriale et de 569 euros dans les établissements publics de santé. Selon la revue Acteurs Publics, les femmes sont également moins présentes dans les établissements où les salaires sont plus élevés.

En sus de la fragilité des parcours professionnels des femmes, émaillés d’interruptions de carrière, de périodes de temps partiels, notamment à l’occasion d’une grossesse, les indemnités et primes versées semblent contribuer à expliquer cette différence de traitement : en 2009, elles représentaient pour les femmes 17,3 % de leur rémunération contre 32,7 % pour les hommes.

Le pouvoir politique s’est finalement emparé de la question lorsque l’Assemblée nationale a voté mercredi 8 février l’instauration progressive d’ici à 2018 d’un quota de 40% de femmes dans la haute fonction publique. Cette disposition prévoit un pourcentage minimum «de personnes de chaque sexe» dans les nominations à 4000 postes de la haute fonction publique: 20% en 2013 et 2014, 30% de 2015 à 2017 et 40% à partir de 2018.

En dépit d’une pleine consécration de l’égalité en droit, des progrès restent encore à accomplir pour garantir l’égalité effective des femmes et des hommes dans l’administration. Le constat d’inégalités persistantes conduit aujourd’hui à mettre en œuvre une promotion active d’égalité des chances. De juridique et formelle, l’égalité doit devenir effective.

 

2. Quelle en est l’idée maîtresse ?

Tout en s’inscrivant dans une logique de promotion de l’administration, le projet Femmes Administration crée les conditions d’un network à double échelle, favorisant l’organisation et la valorisation des femmes au sein de l’action publique.

Femmes Administration est un réseau permettant entraide, référencement et efficience aux jeunes femmes dont les profils peuvent mener à une carrière dans l’administration, à quelque niveau que ce soit, tout en leur donnant les outils à même de développer de solides qualités professionnelles tout autant qu’un socle de connaissances auprès des personnalités de la sphère publique.

Le projet repose en premier lieu sur le mentorat : des femmes faisant carrière dans l’administration proposent leur expérience à des étudiantes dont les cursus touchent à cette même sphère.

Ces étudiantes sont elles-mêmes, à leur tour, ambassadrices des métiers de la fonction publique auprès des lycéens de France.

 

3. Quels sont les leviers que vous pourrez utiliser et quelles sont les résistances que vous avez d’ores et déjà identifiées ?

Si le projet Femmes Administration peut s’inspirer d’initiatives telles que le Women’s Forum, il s’en différencie en ce qu’il aspire à faire émerger des personnalités au sein de différentes catégories socio-professionnelles, personnalités sérieuses et motivées mais pas uniquement “influentes”. L’objectif est de donner aux femmes les moyens de leurs ambitions professionnelles quelles qu’elles soient, dans des domaines touchant à l’administration publique. Femmes Administration favorise la prise de conscience par les femmes de leur pleine légitimité à obtenir les postes de leur choix tout en acquérant des responsabilités.

Femmes Administration répond ainsi à deux besoins :

la promotion de l’administration et la valorisation des femmes sur le marché de l’emploi. Le développement d’un réseau associant ministères, personnalités issues de la sphère publique et plus largement marraines motivées, permet de rationaliser certaines initiatives mises en place de façon informelle. Il ne s’agit nullement pour ces marraines expérimentées de donner sans recevoir, puisque Femmes Administration répond aussi à une logique d’attractivité : attirer au long terme les meilleurs profils vers l’administration.

D’autre part, des partenariats entre Femmes Administration, réseau interne à l’administration, et des réseaux propres au secteur privé favorisent les reconversions en même temps qu’ils créent des passerelles pour s’informer et rejoindre le secteur public, à tous les échelons.

Les obstacles au projet sont ceux que rencontrent naturellement ce genre d’entreprise : les réticences soulevées par la crainte de quotas ou de démarches de discrimination positive ; la méfiance que peut susciter une initiative dirigée uniquement vers les femmes. De fait, le caractère plus généraliste des interventions au sein des lycées peut rassurer. En effet, les ambassadrices se rendant dans les établissements du secondaire pour y faire la démonstration de filières d’excellence et exposer les larges débouchés offerts par l’administration s’adresseront aussi bien aux lycéens qu’aux lycéennes. C’est dire que la démarche prend sa source dans une communication élargie, dont l’objectif premier est la visibilité de cursus divers puis de carrières dans l’administration.

Cette initiative comporte en effet un volet pédagogique provenant du constat que les élèves de Terminale sont parfois mal informés quant aux débouchés qui peuvent s’ouvrir à eux quelques années plus tard, notamment dans l’administration. Fortes des expériences permises par Femmes Administration, des étudiantes à l’université aussi bien qu’en BTS ou dans des grandes écoles françaises partageraient conseils et expériences avec les plus jeunes.

Un autre obstacle pourrait être la question du parrainage, reposant essentiellement sur une logique de bénévolat. Pourtant, il semble probable qu’en vertu du contexte propice à la prise de conscience de la situation des femmes sur le marché du travail, que des personnalités aussi diverses que la ministre du droit des femmes Madame Najat Vallaud-Belkacem ou la directrice de l’ENA Madame Nathalie Loiseau puissent donner l’impulsion, ainsi qu’une précieuse aide dans l’élaboration du réseau.

Pour finir, Femmes Administration a les avantages de ses inconvénients : structure légère et peu coûteuse, ses effets sont conditionnés à l’efficacité de son organisation et à l’implication de ses initiatrices (eurs) afin de tendre efficacement vers  la parité.

 

 

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