Conséquences financières d’OpenCampus

Voici le ressenti des différentes communautés autour de l’enseignement en ligne : un facteur crucial du succès (ou de l’échec) d’une plate-forme comme OpenCampus sera la pérennité de son Business Model. Si l’on peut imaginer que l’État en finance une partie (l’investissement initial, et certains frais de fonctionnement), il faut imaginer d’autres sources de revenus. Coursera elle-même a du mal à les identifier, et suit pour le moment le traditionnel dicton de la Silicon Valley, “Build First, Monetize Later” (construit d’abord, monétise ensuite). Différentes solutions sont avancéees et ne sont pas encore entièrement validées économiquement, comme la publicité, la revente des données utilisateurs (à des fins d’amélioration de l’offre pédagogique), ou encore la certification payante.

Dépenses

Élaboration d’un “Livre Blanc de l’Enseignement en Ligne” – il est aujourd’hui crucial (et nous y reviendrons), qu’un état des lieux et des besoins clair soit effectué par l’État. Il ne s’agit pas de réaliser un cahier des charges condamné à être obsolète en quelques mois, mais plutôt un panorama (i) de la demande et des besoins, (ii) des outils disponibles (notamment OpenSource) et (iii) de l’offre (notamment des communautés et contributeurs que nous avons commencé à identifier).
Coût prévisionnel : entre 20 sildenafil citrate 000 et 50 000 euros.

Élaboration d’une plate-forme – pour l’ordre de grandeur de ce coût, nous pouvons nous inspirer de la mission Etalab (dont nous vous reparlerons), chargée du développement de la plate-forme française d’OpenData. Elle s’est vue dotée d’un budget de 4,72 M€ sur 3 ans, entre 2011 et 2013. Si l’on regarde le détail des dépenses en 2011, on découvre que la conception de la plate-forme a absorbé 1 M€. On peut imaginer un chiffre similaire pour OpenCampus, qui pourra sans doute être réduit en utilisant des outils OpenSource existants (d’où l’importance du Livre Blanc ci-dessus).
Coût prévisionnel : 1 M€ la première année.

Élaboration des cours en ligne – nous vous avions indiqué lors de notre compte-rendu de l’atelier de l’AMUE sur les MOOC un chiffre conservateur de 30 000 euros / cours (prenant en compte l’intégralité des coûts, y compris le temps de travail des enseignants). C’est une estimation haute, qui a probablement vocation à diminuer avec le développement rapide des MOOC. D’autre part, certains what is sildenafil oral jelly cours existent déjà (sur Coursera, iTunesU… ou sur les disques durs des enseignants !), et on peut imaginer qu’une base non négligeable de cours est déjà disponible. Si l’on prend comme objectif une offre de 200 cours la première année (similaire à celle de Coursera actuellement), en imaginant que 50% existent déjà ou seraient financés en propre par les universités pour leur rayonnement, on en arrive à un chiffre de 200 x 50% x 30 000 = 3 M€.
Coût prévisionnel : 3 M€ la première année.

Ainsi, nous pensons, en tenant compte de frais de structure et d’exploitation, qu’un budget prévisionnel initial de 5 millions d’euros serait à la hauteur du projet. Ceci est à comparer aux 16 millions de dollars (12 millions d’euros) de la première levée de fonds de Coursera ! Ceci est surtout à comparer aux 140 millions d’euros du budget annuel du CNED, ainsi qu’au coût des Universités Numériques Thématiques…

Recettes

Financement public – si l’enseignement en ligne est clairement identifié comme un service public, l’État a vocation à le financer, au moins partiellement. On peut imaginer que la création de la plate-forme provienne de fonds publics, ainsi que l’élaboration de certains cours “de base” jugés “stratégiques”.

Partenaire privé – si la solution de partenariat public/privé est retenue, le(s) acteur(s) privé(s) concernés pourront également investir dans le projet. Cette solution suppose un retour sur investissement clairement identifié, et donc un Business Model pérenne.

Pas de frais d’accès aux cours – nous pensons que les cours doivent rester librement accessibles et gratuits.

Pas de publicité – nous pensons que cette plate-forme doit rester libre de toute publicité.

Obtention d’un diplôme – OpenCampus participe à la lutte contre l’explosion des frais de scolarité, déjà constatée aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Certaines universités plavix dosage américaines étudient déjà une réduction des frais de scolarité contre l’utilisation d’une plate-forme en ligne. Ce pourrait être également un moyen de financer OpenCampus, tout en contenant les frais de scolarité à un niveau acceptable pour les étudiants.

Marché de la formation continue – le vrai marché buy clomid se situe à notre sens ici. Comme nous vous l’avons indiqué dans notre article sur le CNED, le marché de la formation professionnelle croît d’environ 8%/an, et représente aujourd’hui 31 milliards d’euros. Permettre à chacun (et notamment aux personnes empêchées, en situation de handicap, ou n’ayant pas accès à une offre éducative abondante) de se former tout au long de sa vie nous semble un objectif crucial. La formation continue est un droit en France, et les entreprises et particuliers y consacrent un budget important : notons par exemple que tous les employeurs de 20 salariés et plus sont dans l’obligation de contribuer à la formation continue à hauteur de 1,6 % de la masse salariale brute de l’ensemble des salariés. La plate-forme OpenCampus pourrait capter une part significative de ce marché.

Vos commentaires sur nos estimations de dépenses et les sources de recettes sont bien entendus les bienvenues, afin d’affiner le plan de financement du projet ! Merci à vous !


3 comments

  1. FOGLIA dit :

    Côté dépenses, je pense que le chiffre de 30 000€ pour un cours en ligne est largement surévalué.
    Côté recettes, l’exclusion par principe de la publicité est-elle une bonne chose ? Les actions promotionnelles, concernant les formations ou la vie étudiante, sont peut-être légitimes. Alison, un MOOC irlandais, accepte les publicités ciblées.
    Un certificat payant (15€ je crois) est proposé à la fin d’un cours sur Alison, pour attester que l’étudiant l’a bien suivi, et a obtenu tel score à l’examen final.
    http://www.uncollege.org/blog/2013/01/19/mooc-with-a-business-model-taking-a-look-at-alison/
    Alison, fondé en 2007, a consommé 2 M€ de capital.
    Le site compte plus d’un million et demi d’étudiants en ligne, et serait rentable.

  2. OpenCampus dit :

    Merci beaucoup pour votre commentaire.
    Le chiffre de 30 000 euros pour créer un cours est probablement largement sur-évalué, nous sommes d’accord, même si c’est celui que l’on entend le plus aujourd’hui. Il nous semble qu’il correspond au coût d’un cours à la Coursera. Mais, comme l’a bien exprimé un de nos contacts, Nicolas Hernandez, Coursera ressemble plus à TF1 qu’à Youtube, avec une équipe support très fournie qui choisit ses sujets et assure une réalisation soignée.
    Le cas du MOOC Alison est très intéressant, et montre bien que les “stars” américaines Coursera ou EdX ne sont pas les seuls exemples à suivre. Alison propose un modèle économique original, basé sur la publicité, et n’offre pas simplement des cours mais des parcours entiers composés de cours multiples et offrant un diplôme à la fin. C’est certainement une expérience dont il faut s’inspirer.
    De notre côté, notre réticence envers la publicité n’est pas uniquement une position de principe mais aussi une considération pratique : l’idée que leur contenu puisse servir à créer une audience publicitaire semble repousser les contributeurs que nous avons rencontré. C’est une résistance qu’Alison contourne avec une solution simple : offrir au contributeur une partie des revenus publicitaires générés. Il n’en reste pas moins qu’il nous semble difficile de proposer un modèle similaire pour notre plate-forme OpenCampus sans susciter des critiques des contributeurs et du public potentiels, et donc d’hypothéquer la confiance en son succès avant même sa création.
    Néanmoins, il est toujours possible d’imaginer un modèle Freemium où le choix est en fait laissé à l’utilisateur : dans la version gratuite, il y a de la publicité, mais si l’utilisateur décide de payer pour obtenir son certificat, alors la publicité est supprimée.

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