Cour des comptes : “Le CNED est (…) inadapté à la formation en ligne”

En février dernier, la Cour des comptes a sorti son rapport annuel 2013. Selon son site Internet :

“La Cour des comptes a pour mission de s’assurer du bon emploi de l’argent public et d’en informer les citoyens. (…) La Cour rend publics et met en ligne sur son site internet tous ses travaux (sauf exigence particulière de confidentialité). Les contrôles et les évaluations de la Cour des comptes portent sur :
- la régularité : l’argent public est-il utilisé conformément aux règles en vigueur ?
- l’efficience et l’économie : les résultats constatés sont-ils proportionnés aux moyens mis en œuvre ?
- l’efficacité : les résultats constatés correspondent-ils aux objectifs poursuivis ?”

L’un des chapitres de ce rapport porte sur le Centre National d’Enseignement à Distance ou CNED. Sévèrement intitulé “Le CNED, un établissement public d’enseignement inadapté à la formation en ligne“, il dresse un constat du retard énorme de cette institution en matière d’enseignement en ligne. Première conséquence de ce retard, la diminution considérable du nombre d’inscrits, passé de 402 000 en 1998 à 202 000 en 2011 (soit une baisse de 50% en 13 ans ou environ 5%/an !).

La Cour constate en particulier que :

  • le déclin de l’activité du CNED s’est poursuivi ;
  • l’établissement n’est pas en mesure de maîtriser des éléments clés de sa gestion ;
  • la mise à jour du cadre juridique délimitant les missions de service public de l’enseignement à distance reste peu cohérente ;
  • le CNED et sa tutelle ont annoncé récemment une réorientation stratégique vers le domaine de la formation en ligne, qui risque de
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    se heurter à la fragilité des moyens humains, techniques et pédagogiques du Centre.

Les deux derniers points nous semblent particulièrement importants.

Concernant le cadre juridique, le décret du 27 février 2009 charge le CNED d’assurer, pour le compte de l’État, le service public d’enseignement à distance, et précise : « À ce titre, il dispense un service d’enseignement à destination des élèves, notamment ceux qui relèvent de l’instruction obligatoire, (…) ne pouvant être scolarisés totalement ou partiellement dans [un établissement scolaire] ». La Cour relève que cette mission est aujourd’hui trop restrictive, se limitant uniquement à la scolarité obligatoire (jusqu’à 16 ans), et ne couvrant donc ni “les lycéens de plus de 16 ans (…), les élèves inscrits dans les formations post-baccalauréat organisées dans le cadre des lycées (sections de techniciens supérieurs, classes préparatoires) et les étudiants qui suivent des formations relevant de l’enseignement supérieur”.

En bref, les étudiants de plus de 16 ans, en formation post-bac ou dans l’enseignement supérieur, ne sont pas juridiquement couverts par les missions du CNED ! Or c’est précisément sur ces segments que l’offre de cours en ligne est la plus abondante, et que la nécessité d’une plate-forme est la plus criante !

Concernant la fragilité des moyens du CNED, la Cour remarque que “l’établissement a utilisé encore en 2011 environ 390 tonnes de papier et expédié plus de 300 millions de pages” ! Le modèle central est encore “l’enseignement par correspondance, basé sur l’envoi de cours sur papier et de correction de copies envoyées par la poste”. Passer à une véritable offre de formation en ligne suppose “la mise au point de méthodes pédagogiques adaptées à l’enseignement en ligne, la conception et la réécriture sous forme interactive de plus de 1 600 formations, et l’engagement des personnels enseignants ou des formateurs dans de nouvelles formes d’animation et de tutorat”. Concepts et savoir-faire jusqu’à présent absents au CNED…

Enfin, la Cour remarque la volonté du CNED d’investir le marché de la formation continue : « l’effort de notre développement devra se faire particulièrement sur le marché de la formation professionnelle continue et du retour à l’emploi » (avant-projet d’établissement du CNED). Néanmoins, les résultats du Centre en la matière ne sont guère encourageants : “alors même que le marché de la formation professionnelle était en croissance d’environ 8 % par an, le nombre d’inscrits au CNED s’est effondré en dix années, passant de 59 500 inscrits en 1999 à 13 500 en 2009. Sur un marché global évalué à la même date à 31 Md€, le CNED n’en captait plus que 5 M€”…

Concluons de ce rapport passionnant la nécessité pour l’enseignement en ligne d’investir rapidement le supérieur et la formation continue, ainsi que l’incapacité du CNED à répondre à une telle urgence. Un projet comme OpenCampus paraît ainsi d’autant plus primordial.

Et vous, avez-vous eu au recours au CNED ? Qu’en pensez-vous ?

Le rapport complet de la Cour ici

 


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