Atelier de l’AMUE sur les MOOCs : un cours en ligne, combien ça coûte, au juste ?

Capture Le 22 février avait lieu à la Maison des Universités un atelier de l’Agence de Mutualisation des Universités et Établissements sur les MOOCs, ou Massive Online Open Courses, ces cours en ligne ouverts et suivis par plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’étudiants à la fois.

Autour de la table, une quarantaine de personnes qui gravitent autour du sujet en France, dont plusieurs que nous avions déjà rencontré en entretien, ce qui montre que la galaxie des MOOCs est assez petite. Il y avait là des professeurs qui ont ou vont expérimenter leur propre cours en ligne, des universités, des institutionnels, des chercheurs en science de l’éducation. Ainsi qu’un membre de la Open University, qui a présenté le projet de plate-forme britannique Future Learn, une bonne source d’inspiration pour notre projet Open Campus.

Nous n’allons pas retracer ici la totalité des débats qui ont animé cet atelier très foisonnant. Mais s’il y a bien un sujet qui a occupé les discussions plus que les autres, c’est celui du coût d’un cours en ligne de type MOOC, Massive Online Open Courses. Alors, faire un cours en ligne, combien ça coûte ?

Les premiers MOOCs ne coûtent généralement pas grand chose…

Les fondateurs d’Itypa en ont témoigné : il est possible de commencer avec zéro. Leur première tentative leur a coûté 60 euros, pour héberger leur site, et c’est à peu prêt tout. Mais ils ont consacré un temps fou sur leur projet. Ils ont passé tout leur été à la préparation. Puis plusieurs heures par semaine à partir du lancement du MOOC. Car, rappelons le, l’esprit d’un MOOC n’est pas seulement de mettre le contenu en ligne, mais bien ensuite de créer une classe virtuelle, dans laquelle les étudiants progressent à peu près à la même vitesse en découvrant les contenus en même temps, et interagissent entre eux via les forums. Gérer une telle communauté pendant plusieurs semaines requière beaucoup d’énergie.

L’équipe d’Itypa comptait quatre membres. Matthieu Cisel, qui participe à la construction d’un nouveau MOOC avec un professeur de Centrale Lille, nous dit qu’ils sont six dans le projet. Bref, tant qu’il y a des personnes passionnées et prêtes à donner de leur temps pour expérimenter ces nouvelles formes de cours, il n’y aura pas besoin de dépenser beaucoup. Mais peut-on imaginer que cela suffira pour que d’ici cinq ans, les universités proposent 20% de leurs cours en ligne, comme le veut la ministre Geneviève Fioraso ? Sans doute pas. L’enjeu, comme le résumait l’un des participants, c’est alors « d’industrialiser la production de MOOCs », pour éviter que les coûts n’explosent.

mais si l’on prend tous les coûts en compte, la facture grimpe vite

En effet, si l’on imagine un système de mise en ligne de très nombreux MOOCs, pour lesquels les contributeurs sont rémunérés, les dépenses sont nécessairement plus conséquentes.

Il faut tout d’abord prendre en compte les coûts nécessaires au développement d’une plate-forme et à l’hébergement des contenus. La plate-forme Coursera, qui est la référence mondiale, emploie actuellement 35 personnes. C’est conséquent. De ce point de vue, la priorité, c’est bien de mutualiser les efforts en France, pour éviter que chaque université ne lance sa propre plate-forme, ou bien aille cherche des plates-formes américaines. C’est là tout le sens de notre projet Open Campus : créer une plate-forme publique de référence en France.

Ensuite, chaque cours demande des heures de préparation, de tournage, de production, éventuellement avec l’assistance de professionnels pour en assurer la qualité ; puis un suivi de la communauté pendant plusieurs semaines. Une initiative intéressante pour limiter les coûts de ce processus est celle de l’EPFL de Lausanne, qui a créé une mini studio d’enregistrement, au service de tous les professeurs qui veulent réaliser leurs cours. D’après Patrick Aebischer, directeur de l’École, il est possible de descendre à 2 ou 3h de travail pour une heure de cours de cette façon là.

Quand on additionne tout cela, un chiffre semble faire consensus à l’heure actuelle : un coût complet de trente mille euros pour un MOOC. C’est probablement une estimation raisonnable, même si nous pensons qu’il est possible de descendre bien en-dessous lorsque les MOOCs se développeront à grande échelle.

Nous reviendrons en détail sur tous ces chiffres lorsque nous ferons l’estimation chiffrée des coûts associés à la plate-forme Open Campus.


3 comments

  1. Aie, j’ai manqué l’Open Campus. Savez-vous si il sera reconduit prochainement ?

Trackbacks / Pingbacks

  1. Conséquences financières d’OpenCampus | Blog Challenge Administration 2020
  2. ITYPA | Pearltrees