Paré à soigner: 3e entretien-expert avec M. DESHAYS, Médecin généraliste.

L’équipe de Paré à Soigner a rencontré le Docteur Gilles DESHAYS, médecin généraliste dans le 19ème arrondissement de Paris.

Grâce à l’expertise de ses vingt années d’exercice, il nous a permis de renforcer techniquement notre projet, pour ensuite en souligner son utilité pour ses confrères de la médecine libérale.

Nous le remercions encore une fois pour sa contribution décisive ainsi que pour le temps qu’il a nous consacré dans notre démarche d’aide à l’action médicale & hospitalière en France.

I/ REDEFINIR LE FACTEUR D’AVERTISSEMENT.

Comme notre équipe l’a souligné à la suite de sa précédente rencontre avec M. Alban AMSELLI, notre expert-enseignant, l’apparition d’un bandeau rouge d’avertissement dès l’ouverture du site internet que nous proposons est un élément fondamental pour répondre à des problématiques de sécurité et de responsabilité :

- Bien que les patients soient généralement conscients de la gravité de ce qui les atteint, il n’empêche que la redirection vers des médecins généralistes (pour cas de faible gravité) reste susceptible de provoquer chez les patients un phénomène d’autocensure. Ce phénomène d’autocensure se traduirait par un découragement d’aller à l’hôpital alors que les sites hospitaliers seraient, dans leur cas, les acteurs plus pertinents pour leur prodiguer des soins pour lesquels les médecins généralistes n’auraient la compétence ou l’équipement adapté. Une erreur du patient dans sa sélection de l’acteur à mobiliser, elle-même appuyée par l’outil de redirection que nous élaborons, peut comporter des conséquences graves pour l’usager et alors, engager la responsabilité de l’Etat du fait de l’erreur de jugement que notre site internet peut renforcer.

Afin de répondre à cette problématique de manière plus efficace, le Docteur DESHAYS nous suggère de concevoir non un, mais deux bandeaux d’avertissement qui seraient placés dans

un ordre spécifique :

1) Le premier bandeau indiquerait pour les cas de faible gravité (ils seraient non-exhaustivement listés en exemple : migraine, trouble digestif, …) d’aller à la rencontre d’un médecin généraliste vers lequel le site redirigerait automatiquement si l’usager répond à ce premier bandeau (pour le désactiver) par « Oui, mon cas peut être de préférence étudié par un médecin généraliste».

2) Si cette réponse « Oui » est sélectionnée, apparaît immédiatement le second bandeau avant de faire basculer l’usager vers la fonction n°2 de notre outil (localisation des médecins libéraux) : ce bandeau indiquerait qu’en cas de non-certitude à la réponse donnée à la question précédente (c’est à dire si le patient penserait tout de même que l’hôpital serait un acteur tout de même pertinent selon le principe de précaution), l’usager ne doit donc pas hésiter à se rendre à l’hôpital, enclenchant la fonction n°1 de notre outil : la direction d’un l’hôpital proche le moins sujet à l’engorgement.

Notre équipe a pensé avec le Docteur DESHAYS que la première interface de ces deux bandeaux peut constituer le canal d’entrée obligatoire à notre outil, rendant ce dernier plus efficace dans sa mission de redirection et plus adapté dans la limitation des risques de mauvaise sélection de l’acteur de prédication des soins.

De même, si la réponse au premier bandeau d’avertissement est : « Non, mon cas ne peut être traité par un médecin généraliste », notre outil bascule immédiatement le patient vers la fonction n°1 de notre projet.

II/ LE « SYSTEMES DES ENTREES » : FAIRE EVOLUER L’INFORMATION VRAIE, ET EN TEMPS REEL.

Une des difficultés identifiées dans nos premières études fut celle de la collecte des données et de leur exactitude, sachant qu’elles sont vouées à évoluer en temps réel conformément à notre conception de l’outil que nous désirons mettre en place. La donnée sur laquelle nous nous penchons ici est, il convient de le préciser, celle des heures de mobilisation des médecins & pharmacies de garde.

Notre outil se proposant déjà de localiser sur une seule et même interface l’ensemble de ces acteurs, qu’ils soient ou non de garde, cette donnée peut en effet évoluer dans le temps selon la volonté de ces professionnels de changer de rythme, d’horaires, de statut. Volonté sur laquelle l’Etat n’a aucune maîtrise, ces acteurs étant « de garde » sur la base d’un volontariat (principalement pour les médecins).

Afin de permettre une exactitude des horaires de garde dans le temps, le Docteur DESHAYS nous a fait part d’une solution que nous estimons comme très pertinente :

Il s’agirait de laisser « une entrée » aux médecins et aux pharmacies de garde. Ce terme désigne la capacité qu’auraient ces professionnels de renseigner eux-mêmes les horaires de leurs disponibilités sur l’interface qui les retranscrirait immédiatement.

Cette possibilité ouverte permettrait par conséquent d’éviter au service public pilotant cet outil la charge et la lenteur de demander aux médecins et aux pharmaciens leurs disponibilités afin de les retransmettre. Ainsi, la garantie de voir ce problème résolu apparaît en comptant sur le bon sens et le sens du service des professionnels pour remplir cette grille d’horaires hebdomadaire (divisée par demi-heures) leur permettant par ailleurs d’augmenter les revenus de leurs activités.

De même, dans le but d’éviter les cas d’exercice frauduleux de la médecine et de garantir les conditions de sécurité de notre système numérique, nous avons envisagé, sur le conseil du Docteur DESHAYS, de rendre l’accès à cette « entrée » possible sous réserve de renseigner son nom, son prénom et surtout, le numéro d’inscription à l’ordre de la médecine ainsi que le numéro de sécurité sociale du médecin intéressé. Il convient de voir ces mêmes modalités de sécurité pour les pharmaciens : sous quel code leur étant unique peut-on vérifier leur identité et leur appartenance à la profession pharmaceutique ?

A l’entrée des médecins répondra une autre entrée pour les hôpitaux leur permettant de renseigner l’usager du degré d’engorgement de leurs établissements. Celle-ci sera détaillée dans un article à venir.

III/ LE POINT DE VUE DE LA MEDECINE LIBERALE SUR NOTRE PROJET : DE GRANDS BENEFICES POUR UN OUTIL BIENVENU.

Notre projet concerne de près le milieu médical de la médecine libérale. Le Docteur DESHAYS, qui en est membre, nous a fait part du degré d’utilité de notre outil pour sa profession avant de nous confier qu’elle devrait en être sa possible réceptivité.

Les médecins libéraux se sentant, dit-il, solidaires du milieu hospitalier, comprendront la pertinence de ce projet et la nécessité de leur implication à l’intérieur du fait qu’ils connaissent, ne serait-ce que par leur expérience de « l’internat », les difficultés quotidiennes qui affectent le service des urgences. De même, le Docteur DESHAYS nous a confié que de fait, il n’y a d’ailleurs pas de sentiment de séparation entre les milieux hospitaliers et médicaux sur la frontière du public et du privé, estimant que tous pratiquent le métier des soins et, à juste titre, qu’il est à moitié pertinent de souligner la qualité « privée » des médecins libéraux dans la mesure où leur tarification est fixée avec les pouvoirs publics (pour le secteur 1, les pouvoirs publics tentant de réguler le secteur 2 qui demeure encore sans plafond).

En plus d’observer l’utilité à accorder aux hôpitaux comme aux usagers, les médecins y voient, légitimement, leur propre intérêt. En effet, si les médecins ont d’ordinaire une forte occupation, tous ne sont pas en activité remplie : notre application aurait pour bénéfice d’étoffer leur clientèle. Dans les cas inverses, la profession ne serait pas hostile à ce projet qui l’englobe du fait qu’un médecin généraliste auscultant quarante personnes par jour, est susceptible de faire de même pour admettons, quarante-cinq ; faisant de son métier une activité de service aux autres.

En somme, le Docteur DESHAYS, que nous remercions encore pour sa disponibilité, résume ainsi notre projet, tant pour sa profession que pour les patients, de « gagnant-gagnant ».


4 comments

  1. Robert dit :

    Bonsoir,

    Moi-meme docteur, je suis a la fois interesse et touche par un projet qui engage la profession.
    Beaucoup de mes jeunes patients se plaignent d’une information illisible, et de procedures a la fois chronophage et deroutantes. Ils se deplqcent au cabinet pour nous demander tout et rien, sans qu’on puisse parfois leur repondre.
    C’est un projet comme le votre qui renseignerait mieux nos patients, et huilerait des institutions parfois grippees.

    Bon courage a vous

    Robert, medecin generaliste

  2. Paré à soigner dit :

    Merci cher docteur pour votre contribution qui confirme l’avis que nous avons recueilli auprès d’autres médecins généralistes. Notre projet espère le plus possible répondre aux attentes de tous, professionnels et usagers, dans le maximum de ses capacités.

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